Travaux publics : Vaste opération d’entretien des autoroutes

Réuni avec les cadres de son département, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, a posé, hier, les jalons d’une année charnière pour le secteur. Cette rencontre de travail, consacrée à l’examen du plan d’action 2026 et à l’état d’avancement des projets structurants, marque, selon le communiqué du ministère, une volonté affirmée de passer à une phase d’exécution plus rigoureuse, fondée sur la performance, le respect des délais et la redevabilité des gestionnaires publics.
Au-delà d’un exercice de suivi classique, les instructions délivrées traduisent surtout la volonté de renforcer la gouvernance des projets d’infrastructures, accélérer leur cadence de réalisation et améliorer durablement la qualité de la dépense publique dans un secteur à fort impact socio-économique. Le lancement simultané de l’ensemble des projets inscrits au programme sectoriel 2026 constitue l’un des axes structurants de cette feuille de route. En instaurant des contrats d’engagement et de performance avec les directeurs des travaux publics, adossés à des indicateurs de suivi prédéfinis, le ministère affirme son choix d’un pilotage par les résultats. Cette approche vise à garantir une meilleure équité territoriale entre les wilayas, tout en instaurant une culture de la performance et de la responsabilité dans la gestion des chantiers.
La maîtrise des délais, enjeu récurrent des grands projets publics, est également placée au cœur des priorités du ministre qui a, à ce titre, instruit de lever rapidement les contraintes de terrain, notamment dans les wilayas du Sud, et de renforcer la coordination entre les différents intervenants, répond à un impératif de crédibilité de l’action publique. La capacité à livrer les infrastructures dans les temps conditionne en effet leur impact économique réel et la confiance des citoyens.
Dans cette logique, la réforme rapide des cahiers des charges et la normalisation des procédures et l’élaboration de modèles sectoriels visant à sécuriser les projets en amont, ont été placés par le ministre comme levier transversal essentiel de l’amélioration de la qualité d’exécution et de la réduction des contentieux, souvent sources de retards et de surcoûts.
L’autre signal fort de cette nouvelle feuille de route est le lancement d’une vaste opération d’entretien du réseau autoroutier, à commencer par le deuxième contournement d’Alger avant une généralisation à l’échelle nationale. En ciblant prioritairement les grands axes Nord-Sud, le ministère opère un changement de paradigme en faisant de la maintenance un pilier stratégique de la durabilité des investissements publics. Dans ce sens, le ministre place visiblement la sécurité routière, la continuité logistique et l’intégration territoriale au cœur de cette orientation, en cohérence avec les priorités nationales d’aménagement du territoire.
Cap sur les chantiers de la capitale et le programme complémentaire dans 3 wilayas
Selon le communiqué, la nouvelle feuille de route accorde à la wilaya d’Alger, qui concentre une part importante des projets structurants, la priorité, et ce, en raison de son poids démographique et économique. Ceci d’autant que les projets de contournement, de pénétrantes autoroutières et de réhabilitation du réseau existant s’inscrivent dans une logique de désengorgement du trafic, d’amélioration de la mobilité et de modernisation urbaine. Leur suivi centralisé renforcé traduit la sensibilité de ces chantiers, dont l’impact sur la vie quotidienne des citoyens est immédiat.
Parallèlement, le ministre a également insisté sur le programme complémentaire dédié à Djelfa, Khenchela et Tissemsilt qui illustre une approche de rééquilibrage territorial axée sur le désenclavement, la connectivité inter wilayas et la mise à niveau d’infrastructures prioritaires. Sur ce point, Djellaoui a émis des exigences accrues en matière de suivi et de reddition des comptes tout en soulignant son caractère stratégique pour le développement local.
La feuille de route 2026 accorde également une place centrale à la formation, à la recherche et à la numérisation ainsi qu’à l’élaboration d’un cahier des charges spécifique pour l’École des métiers des travaux publics de Djelfa pour répondre à un impératif de professionnalisation et d’adéquation entre compétences et besoins du secteur.
Dans leur ensemble, ces orientations dessinent une trajectoire articulée autour de la performance, la durabilité des infrastructures, l’équité territoriale et la modernisation des outils de gouvernance. Le ministère des Travaux publics affiche ainsi une ambition claire de faire des projets structurants un véritable levier de développement et renforcer la crédibilité de l’action publique dans un domaine directement perceptible par les citoyens.